dimanche 16 février 2014

Dedans, dehors

Lorsque la folie mystique enferme l'individu dans des contrées inaccessibles, c'est ce dont parle mon dernier texte.

Un extrait:
" Ils ne m’auront pas. Ils peuvent bien raconter ce qu’ils veulent, je ne suis pas dupe. Je sais bien qu’ils sont à la solde du pouvoir. Tous ces médias, ces journaleux… et c’est pour cela qu’ils nous mentent. Il me suffit de regarder par la fenêtre pour découvrir l’ampleur de leur manipulation.
Ça fait quinze jours qu’ils sont là à attendre que je sorte, les statiques, les désincarnés. On dirait des zombies en attente de nourriture. Chaque jour leur nombre va croissant. Leurs yeux sans vie fixent la fenêtre de ma chambre. Mais pourquoi moi ? Pourquoi m’ont-ils choisi ? Qu’ai-je donc que les autres n’ont pas et qui fait que je les attire irrémédiablement ? Ils n’en savent probablement rien puisqu’ils ne pensent plus. Il ne sert à rien d’espérer une réponse de leur part. Mais moi, je sais. Seul l’instinct de conservation les meut. Se nourrir pour survivre. Arraché ma chair goûteuse puis s’en repaître jusqu’à satiété. Avec violence, acharnement, dévorer mon corps et s’emparer de ma force vitale ; j’imagine leurs crocs déchirant la peau de mes bras, de mes jambes, de mon ventre et de mes… non, pas question ! Je ne leur servirai pas de dîner. Je ne serai jamais leur mets de choix. Ils peuvent bien crever là, plantés tels des chiens de garde exsangues. Mais ils ne sont pas seuls.
Il y a les autres. Tous les autres. Ceux qui se meuvent. Ceux qui bougent, courent, rampent, se faufilent, s’insèrent. La semaine dernière, Lucio, un de mes correspondants sur le net m’a avoué se sentir défaillir. Depuis quelques heures, il sentait ses forces l’abandonner comme si de l’intérieur, un organisme vivant aspirait son sang telle une pompe ininterrompue. Et puis, j’ai vu son visage se creuser laissant apparaître sous la peau un grouillement famélique. En quelques secondes son corps fut pris de terribles soubresauts et je les vis enfin. Perçant l’épiderme, ils s’échappèrent par dizaine, par centaines. Impuissant derrière ma webcam, j’assistai à l’agonie de Lucio qui fut avalé par ces suceurs insatiables. Croyez-moi, à tout moment, ils peuvent nous surprendre. Et lorsqu’ils nous mettent le grappin dessus, c’en est fini de notre existence. C’est pour ça que je ne sors pas. Mon univers, mon espace vital se résume à ces quinze mètres carrés. Et je l’ai équipé en conséquence. Pour tenir le siège. Je serai le dernier en vie une fois qu’ils auront anéanti l’humanité toute entière. Car c’est bien là leur plan : prendre notre place ici-bas par la contamination. Alors quitter ma chambre me serait fatal ! "

Pour lire le texte dans son intégralité: Dedans, dehors